Lexique des termes de marine

Contrebandier, pirate, boucanier, corsaire ? Différentes dénominations, différents métiers.

Le contrebandier
: ce n\'était pas une spécificité des Antilles puisqu\'il opérait aussi le long des côtes de Normandie, du Nord depuis et vers les côtes de l\'Angleterre, il transbordait des marchandises et des personnes peu légales. C\'est un peu grâce à eux que vous pouvez aujourd\'hui vous promener sur les chemins de douanier le long de la côte \"\"


Le boucanier : (dérivé du Créole "boucan") à l\'origine un chasseur d\'animaux sauvages, sévit dans les Antilles au XVIIème (et au XVIIIème aussi).
Peu attaché à son navire, prêt à en changer si une bonne occasion se présente, c\'est, contrairement aux pirates, un tireur émérite qui ne se séparera JAMAIS de son mousquet. Il était habitué à faire des chasses et de longues marches dans les îles, la viande récupérée était boucanée (séchée au soleil), ce qui assurait sa conservation ... Le boucanier est aussi très à l\'aise sur un bateau. Solide gaillard bien nourri, il devient un redoutable combattant lors des corps à corps sanglants quand vient l\'abordage.
L\'objectif principal du boucanier était de se faire de l\'argent, peu importe les moyens, ce qui en faisait un compagnon assez peu fiable et versant dans la piraterie par appât du gain. Il pille les navires rejetés sur la côte par les tempêtes. Il peut aussi s\'embusquer sur de petites barques près des villages espagnols.
Le boucanier est également connu pour accueillir tous les déserteurs et aventuriers qui acceptent les règles de vie aux moeurs très libres.


Le pirate : sur mer est celui qui s’empare pour son compte de personnes ou de biens, ou qui se livre à un acte de guerre, sans autorisation en bonne et due forme d’une puissance reconnue. C\'est un complet hors la loi. Toutes les nations le pourchassent, il les attaque toutes.
On ne peut dissocier un pirate de son équipage et de son navire. Il était rare qu\'un pirate change d\'équipage, et il était rare qu\'un équipage change de navire, même si une prise était largement meilleure que le navire des pirates (et si c\'était le cas, la séparation était vécue littéralement comme un déchirement). Les motivations des pirates étaient diverses :
  • L\'appât du gain, mais ce genre de motivation était plus rare que la littérature populaire veut nous faire croire
  • Le désir de liberté : certains pirates se lançaient dans l\'aventure parce que la société de l\'époque les étouffait. Ils sillonnaient alors les mers pour libérer leurs camarades, pauvres marins embauchés de force dans la Marine ou esclaves victimes du commerce triangulaire, et porter des coups aux royautés.
  • le désir de vengeance : ces pirates étaient les plus craints, puisqu\'ils sillonnaient les mers dans un but : se venger de la société. Il ne fallait espérer aucune pitié d\'eux. Je renvoie aux paroles de Low : "Les autres ne méritent que notre haine et notre rage. Ordures avouées ou pantins sans âmes, ces ridicules fils d\'Abel, gavés jusqu\'à la gueule de dogmes à dégueuler, je les ferais tous vomir leurs tripes.[...]Aujourd\'hui, mes frères, je déclare la guerre à l\'humanité. "
Les châtiments réservés à ces derniers étaient exemplaires. Capturés, ils devaient être gardés à bord comme prisonniers et remis, afin d’être jugés, aux autorités judiciaires du pays dont relevait l’auteur de la capture. Chaque pays mettait un empressement particulier à s’assurer des personnes de ses propres nationaux devenus pirates. L’issue de tels procès était connue d’avance et les pirates n’avaient aucun intérêt à dévoiler, au cours des interrogatoires, leurs secrets ou leurs complices. Plutôt que d’être pris, ils préféraient donc se battre jusqu’à la mort. Justice expéditive était parfois faite au moment de la capture car, si le commandant capteur estimait ne pas pouvoir conduire ses prisonniers jusqu’à un port sans risques pour la sûreté de son bâtiment, il était en droit de les faire exécuter à bord en présence de l’équipage. Les procès de pirates ont donc été rares.

- Certains préfèrent réserver le terme de pirate à ceux qui se battirent pour des idées, que ce soit des idéaux d\'égalité ou une fureur nihiliste contre une société considérée comme corrompue, et donnent le terme de "flibustier" à ceux qui se contentaient d\'amasser richesses.


Le flibustier : (provenant du hollandais "vrijbulter", littéralement "libre faiseur de butins") dit aussi : "frère de la côte", est un corsaire des Antilles qui va sus à l\'Espagnol et au Portugais sur les deux grandes voies maritimes des Indes occidentales et orientales. Contrairment au corsaire, le flibustier monte aussi de grandes opérations sur terre.
Le flibustier est muni d\'une "commission" décernée par un pays qui, en temps de guerre, lui permet de piller une nation ennemie. En fait, les gouverneurs de petites îles sans revenus et pratiquement sans secours de leur nation offrent sans regarder de trop près des commissions à tout capitaine un peu entreprenant.
Un flibustier est donc un mercenaire qui s\'engage dans un camp. Son seul salaire est le butin qu\'il prend sur l\'ennemi. Il verse une part au gouverneur représentant la nation "amie" qui en retour lui permet de venir en toute sécurité dans les ports de ses colonies. Évidemment, les Capitaines flibustiers ont souvent en leur possession des lettres de "commission" provenant de plusieurs nations différentes ce qui leur permet d\'attaquer qui ils veulent!
La distinction entre flibustier et pirate est très mince dans la pratique. Mais la flibusterie se distingue par une organisation sociale égalitaire unique.


Le corsaire : au début de leur histoire, le corsaire est très semblable au pirate. Ce n\'est qu\'avec le temps que, petit à petit, il acceptera de se soumettre aux règles très strictes édictées par le roi. Leur mode de combat sur les mers prendra alors le nom de "guerre de course". Le corsaire est donc une catégorie particulière puisque ... légale en temps de guerre (en quelque sorte, mais tout de même à peine mieux considérée que les pirates). Les autorités navales étaient autorisées à délivrer en temps de guerre des "lettres de course" ou "lettre de marque" à des capitaines dont on fermait les yeux en général sur leurs agissement passés (des civils sachant se battre en mer, il ne faut pas trop se faire d\'illusions). Ces lettres de course donnaient à leur détenteur (nommé souvent sur la lettre) le statut d\'attaché temporaire à la flotte royale en vue d\'agissements contre un pays nommé, ce qui leur assurait l\'impunité vis-à-vis du royaume contractant ainsi que le statut de prisonnier de guerre en cas de capture...
C\'était une légalisation de la piraterie en temps de guerre contre un pays en quelque sorte. En revanche, le corsaire est tenu par sa lettre de marque, de n\'attaquer exclusivement que les ennemis de son souverain, respectant "généralement" les neutres et toujours ses propres concitoyens. S\'il manque à cette règle absolue, et qu\'il continue son activité, alors il sera traité en pirate.
Les lettres de course prenaient fin avec la guerre, et les corsaires désoeuvrés versaient alors dans la piraterie ... jusqu\'à la guerre suivante.

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Affaler :
  • Laisser descendre une voile par son poids
  • s\'affaler : être entraîné trop près de la côte

Amer : Tout objet fixe et très visible servant de repère pour la navigation

Amure : Cordage qui retient le coin inférieur d\'une voile. (changer d\'amure, cf. virer)

Amurer : Mettre en place les amures

A sec de toile : Sans aucune voile d\'établie

Atterrage : Voisinage d\'une côte, d\'un port

Aussière : Très fort cordage servant à remorquer, haler ou amarrer un navire

Bâbord : Côté gauche du navire (quand on regarde vers l\'avant)

Batterie : Pont muni de canons. Un canon est en batterie lorsqu\'il est prêt à faire feu

Bau : Poutre supportant un pont de navire

Biscuit : nourriture de base du marin lors des longues traversées. Contrairement à ce que l\'on pourrait croire, il dure longtemps, est très nourrissant et se révèle assez bon à manger.

Bord : Côté d\'un navire. (cf. bâbord, tribord et virer)

Bordée :
  • Subdivision de l\'équipage (tribordais, bâbordais)
  • Ensemble des canons d\'un des côtés du navire et, par extension, leur

    décharge simultanée.
  • Route faite par un navire entre deux changements de cap, en gardant

    le vent du même côté
  • Au sens figuratif, ripaille à terre

Border : Raidir le cordage d\'une voile

Bosse : Cordage servant au remorquage

Bossoir :
  • Bossoir de capon : pièce de bois
    vers l\'avant du navire, faisant

    saillie de chaque côté, servant à la manoeuvre de l\'ancre
  • Bossoir d\'embarcation : arc-boutant servant à la mise à l\'eau d\'une

    embarcation

Branle-bas :
  • Lever de l\'équipage
  • Préparatifs de combat. Branles est l\'ancien nom des hamacs. On doit

    les décrocher - mettre bas - à l\'occasion du réveil ou du combat

Brasse : Unité de profondeur de six pieds. La brasse anglaise mesure 1,83 m; l\'ancienne brasse française, 1,624 m

Brasser : Orienter une voile

Brasse-carré : Gendarme (argot maritime)

Briquer : Frotter les ponts d\'un navire avec une pierre appelée brique. Briquer la mer, parcourir la mer en tous sens

Cagnard : Toile pare-vent placée sur le côté d\'une dunette, etc.

Caler : Action d\'abaisser une des sections supérieures d\'un mât. On cale parfois un mât de perroquet ou même de hune par gros temps pour réduire le poids des hauts

Cape : Mettre à la cape : manoeuvre extrême pour affronter un très gros temps, qui consiste à mettre le navire face au vent, pour lui permettre d\'étaler la vague

Cargue : Cordage servant à retrousser une voile contre sa vergue ou son mât (carguer)

Carguer : Replier les voiles autour de la vergue

Carré :
  • Salon des officiers, sous le gaillard d\'arrière ou la dunette.
  • Tout gréement comprenant au moins un mât entièrement muni de voiles carrées
  • Trois-, quatre-, cinq-mâts carré : navire dont tous les mâts sont entièrement munis de voiles carrées

Charnier : Réservoir d\'eau douce

Choquer : Diminuer la tension d\'un cordage

Claire-voie : Panneau vitré sur une écoutille, donnant le jour et l\'air à l\'espace situé en dessous

Coiffer : Une voile carrée est coiffée lorsque le vent la frappe sur sa face avant. Un navire est coiffé par la mer lorsque sa poupe est recouverte par une lame

Contrebrasser : Brasser les vergues de manière à coiffer les voiles

Corsaire : Navire pratiquant la guerre de course à titre privé, mais avec l\'autorisation officielle de son gouvernement

Coupée : Ouverture pratiquée dans le pavois ou le bastingage pour permettre l\'entrée ou la sortie du bord

Course (guerre de) : Opération de guerre contre le commerce maritime de l\'ennemi

Déferler : Déployer, larguer les voiles

Déhaler : Déplacer un navire en le halant sur ses amarres

Descente : Panneau d\'entrée muni d\'une échelle pour accéder à l\'intérieur d\'une coque

Drisse : Cordage servant à hisser une voile, une vergue

Dunette :
  • Pont surélevé à l\'arrière d\'un bateau de guerre, au-dessus du gaillard d\'arrière
  • Nom de ce gaillard sur un bateau de commerce

Ecoute : Cordage fixé au coin inférieur éloigné du mât d\'une voile latine et servant à orienter celle-ci; cordage retenant les coins inférieurs d\'une voile carrée à la vergue du dessous

Embouquer : S\'engager dans un chenal

Embraquer : Tirer sur un cordage pour le raidir, pour récupérer le mou

Empanner :
  • Sur les voiliers à voiles carrées : mettre en panne involontairement
  • Sur les voiliers à voiles auriques ou triangulaires : virer par vent arrière

Entrepont : Espace compris entre la cale (dont il est séparé par le faux-pont) et le premier pont continu au-dessus de la flottaison

Erre : Vitesse conservée par un navire qui n\'est plus propulsé par ses voiles (ou son moteur)

Escadre : Flotille de 9 à 21 vaisseaux de ligne pouvant être accompagnée de frégates, sous les ordres d\'un vice- ou contre-amiral et faisant généralement partie d\'une armée

Espar : Longue pièce de bois effilée utilisée comme mât, vergue, bôme, etc.

Ferler : Serrer étroitement la voile autour de la vergue après l\'avoir carguée (dans le cas d\'une voile carrée)

Fourrure : Série de tours de fil goudronné enroulé autour d\'une manoeuvre dormante

Fraîchir : Augmenter d\'intensité (la brise, le vent)

Frapper : Attacher, fixer (un câble, un cordage, une poulie, un filin...)

Gabier : Matelot chargé du travail dans la mâture

Gaillard : Gaillard d\'avant : pont surélevé à l\'avant du navire.

Gaillard d\'arrière : pont au même niveau que le gaillard d\'avant et situé à l\'arrière du grand mât

Garcette : Bout de cordage souple de faible longueur utilisé notamment pour les bandes de ris

Gargousse : Sac en serge, contenant la charge de poudre d\'un canon

Gréement : Ensemble des cordages, manoeuvres, poulies qui servent à l\'établissement et à la manoeuvre des voiles d\'un bateau

Gréer : Garnir un bâtiment de vergues, voiles, cordages, poulies (ensemble qui constitue le gréement)

Hunier: Voile située au-dessus de la basse-voile et la hune

Interlope : Se dit d\'un navire engagé en concurrence illégale avec un commerce à monopole

Largue : Allure d\'un navire lorsqu\'il reçoit le vent à peu près par le travers

Lisse : Rambarde. Lisse de construction : poutre longitudinale de la coque d\'un navire

Liston : Moulure en creux ou en relief courant toute la longueur de la muraille

Loch : Appareil servant à mesurer la vitesse apparente d\'un navire

Lof : Côté d\'un navire qui se trouve frappé par le vent

Manoeuvre :
  • Se dit de tout cordage courant (mobile) ou dormant (fixe) faisant partie du gréement
  • Toute opération relative à la marche ou à l\'évolution du navire

Mille marin : 1852 mètres

Muraille : Côté de la coque

Packet : Mot anglais désignant un navire de messagerie transportant du courrier, des paquets et des passagers. Désigne aussi un navire rapide faisant une ligne régulière en carguant les basses voiles et en coiffant les voiles de l\'avant

Panne (mettre en) : Arrêter un navire en carguant les basses voiles et en coiffant les voiles de l\'avant

Panneau : Couverture en planches fermant une écoutille

Pavois : Barrière disposée le long du bord d\'un pont supérieur pour empêcher les gens de tomber par-dessus bord

Placard : Pièce de toile servant à rapiécer une voile

Portemanteau : Bossoir d\'embarcation

Prélart : Bâche goudronnée destinée à couvrir les panneaux pour les étanchéiser

Prise : Navire capturé ainsi que sa cargaison

Quart :
  • Division du temps à bord par tranches de quatre heures
  • Période de service d\'une bordée
  • Angle sous-tendant de 1/32e du tour d\'horizon : 11°15\'

Rabanter : Fixer un objet (voile, hamac, etc.) avec des rabans (filins)

Rang : Classification des navires de guerre en fonction de leur puissance

Radouber : Faire une révision générale du navire

Refouloir : Hampe servant à bourrer la charge au fond du canon

Ris : Bande horizontale dans une voile le long de laquelle on replie une partie de celle-ci pour en diminuer la surface; la partie repliée est nouée à l\'aide de garcettes

Rouf : Petite superstructure érigée sur un pont supérieur, mais ne s\'étendant pas d\'un côté à l\'autre du navire

Rouleau : Vague qui déferle simultanément sur une assez grande longueur

Sabord : Trou carré pratiqué dans la muraille d\'un navire et servant d\'embrasure de canon

Safran : Partie du gouvernail sur laquelle l\'eau agit

Sainte Barbe : endroit dans la cale où sont entreposés les réserves de poudre et les boutefeux, un des trois endroits du navire où sont entretenus un feu. Accessoirement, saint-patron des canonniers.

Serrer :
  • Serrer une voile : la replier complètement sur sa vergue, son mât, etc., en la "saucissonnant" avec des tresses appelées rabans.
  • Serrer le vent : faire pointer le navire le plus près possible du vent

Sous le vent : Bord opposé à celui d\'où vient le vent. (contraire : au vent)

Subrécargue : A bord du navire, représentant de l\'armateur ou du propriétaire des marchandises transportées

Tonneau : 2,83 m3

Tribord : Côté droit du navire (voir bâbord)

Vaisseau : Bâtiment de guerre de gros tonnage au XVIIe et XVIIIe siècle, très puissant et moyennement agile. Navire ayant au moins deux batteries complètes

Vergue : Pièce de bois cylindrique, effilée à ses extrémités et placée en travers d\'un mât, pour soutenir et orienter la voile.

Virer :
  • Amener à soi un cordage ou une chaîne au moyen d\'un cabestan ou d\'un treuil
  • Virer de bord est changer de direction de manière à ce que le navire reçoive le vent du bord opposé

Voile carrée : Voile quadrangulaire dont le bord supérieur est horizontal et tenu par une vergue suspendue au mât par son centre; elle ne peut marcher
qu\'en recevant le vent sur sa face arrière, mais ses deux chutes (côtés verticaux) peuvent être indifféremment au vent ou sous le vent, selon le côté d\'où souffle le vent.


Par Mab et Bratisla

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