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Le Deux-ponts 74 canons

Deux-Ponts

"- Commandant ! Transmission de l'amiral !
- Laissez-moi voir cela lieutenant ...
A l'avant du pont, une lunette se dresse, oscillant à peine malgré le roulis lent et profond du lourd navire.
- Nous y sommes, les enfants ! Serrons le navire devant nous. Lieutenant, faites envoyer le signal suivant : combat bientôt, serrez la ligne de bataille.
Une courte inspiration, un dernier regard sur le signal ... Et les mots fatidiques tombent de la bouche du pacha :
- Faites sonner le branle-bas de combat ! Charge des canons à boulets ! Nous avons une longue journée devant nous.
Alors que le pont se couvre d'une activité fébrile sous les hurlements et sifflets des officiers, un à un les gueules des 74 canons luisants émergent de leurs sabords ... "

Le deux-ponts 74 canons, vaisseau de ligne de troisième catégorie, connut toutes les batailles navales du XVIIIme siècle et de la période napoléonienne, en tant qu'instrument de base des flottes de guerre des puissances maritimes.

Origines et histoire
Le "74" tire son origine de la course aux armements qui fit rage dès l'apparition du galion, pour des navires plus armés, plus rapides, plus résistants. L'invention de ce navire, contrairement aux autres, est extrêmement lié au contexte géopolitique et militaire de l'époque.
Au début du XVIIIme siècle, après les guerres maritimes de la fin du XVIIme siècle, et la guerre de succession d'Espagne, l'Angleterre avait assis enfin sa suprématie navale. La France, de son côté n'alignait plus que 40 navires de ligne. En 1730, conscient que le retard quantitatif ne serait jamais rattrapé mais que les navires anglais étaient vieux et mal conçus, Jean-Frederic Phelypeaux comte de Maurepas, administrateur de la Royale sous Louis XV, décida d'abandonner les 3 ponts (pas assez manoeuvrables et beaucoup trop coûteux) pour lancer une série de deux-ponts de 64, 74 et 80 canons. La flotte espagnole, dans un état encore plus lamentable (26 navires de ligne après la guerre de succession), fit de même avec ses chantiers navals métropolitains et coloniaux. Les nouveaux navires dans les deux camps étaient conçus pour porter des canons plus lourds et plus de manoeuvrabilité que les navires anglais (l'Espagne faisant à cette occasion un virage idéologique à 180 degrés par rapport à ses galions), mais les premiers navires n'étaient que des prototypes, vite corrigés à cause de leurs défauts.
En 1741, les chantiers navals de Rochefort lancèrent le Terrible, le premier 74 du nouveau type (après correction). Ce fut le choc chez les Anglais. La capture de ce navire en 1747 leur montra à quel point leurs navires étaient surclassés. Ils se dépêchèrent de combler le retard technologique, lançant en 1760 leur propre 74 canons, mais la France avait acquis une avance qui leur fut particulièrement utile pour les victoires de Suffren aux Indes et pour aider les jeunes Etats-Unis dans leur indépendance.
Les Espagnols réussirent aussi à produire des 74 de qualité : en 1794, le Montanes fut mis à flot. Le vice-amiral Jose de Mazarnedo a dit de ce navire : " il est capable de remonter au vent comme une frégate, a un pont spacieux ... stable à toutes les allures, tous les temps et toutes les circonstances" .
Les Etats-Unis s'y mirent aussi : en 1782, ils lancèrent l'USS America, qui fut donné aux Français pour appuyer la guerre d'Independance.

Le 74 continua ainsi sa carrière et mourut en même temps que la frégate, sous les coups des obus explosifs, de la nécessité de blinder les ponts et de la supériorité de la vapeur ... Les croiseurs et cuirassés le remplacèrent sur les flots, avec le destin que nous connaissons tous.

Identification
Leur identification est très facile : ces gigantesques trois-mâts sont visibles de très loin, et leurs deux ponts de canons ne laissent aucun doute sur leur puissance de feu. Ils sont montés en trois-mâts avec brigantine, ce qui peut induire à confusion avec la frégate de devant, mais la différence de taille les sépare aisément.

Caractéristiques techniques dans PBS
longueur immergé : 56 mètres
longueur hors-tout : 75 mètres
largeur : 14 mètres
tonnage : 1500 tonneaux
tirant : 7 mètres
armement : 28 canons de 32, 30 de 24, 16 de 9 en bordée
2 canons de chasse de 9
2 canons de fuite de 32

Utilisation
Ce navire, dans ses proportions et sa conception, a un seul but : la guerre. Epine dorsale des lignes de batailles, ses bordées dévastatrices visent avant tout la ligne de bataille adverse, et si par malheur un navire léger est par accident sur la trajectoire, il se fait littéralement hacher menu par la tonne de boulets déferlant sur lui. Pour avoir le privilège de pouvoir en avoir un jour son commandement, il faudra cependant avoir une longue et brillante carrière dans une Royale. Seuls les royaumes les plus puissants peuvent se permettre de construire ces navires et de veiller à leur gestion (pour leur équipage de très grande taille et leur consommation en munitions), et veillent à ce qu'aucun privé ne dispose de tels navires *. Si un pirate, par miracle, venait à capturer un de ces navires, il ne pourrait l'utiliser à plein potentiel par manque de personnel (et même s'il rassemblait un nombre suffisant de personnes, il ne pourrait pourvoir indéfinniment à leur subsistance) ... et surtout serait chassé activement par les flottes de guerre des trois royaumes ; en clair, il n'aurait aucune chance de survie.
Le 74 est un navire si énorme qu'il ne peut manoeuvrer aussi bien que des navires plus rapides, qui peuvent espérer l'harasser ainsi. Mais le 74 a sa vraie place dans une ligne de bataille, à côté de frégates et d'autres 74, et dans ces conditions seule une autre ligne de bataille peut se mesurer à lui.

* Flying Labs a d'ores et déjà indiqué que seuls les officiers de haut rang dans les Royales pouvaient espérer avoir ces navires , et (à vérifier) qu'un nombre limité serait en jeu, et donc serait confié aux capitaines les plus méritants.

Rédigé par Peuuuur Noel
article mis en ligne le 11 juin 2005 à 16:28,
dernière mise à jour : 11 juin 2005 à 16:28.
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