(Roberts) Bataille de port, Gibara

Le cessez le feu n'a pas duré bien longtemps, juste ce qu'il faut pour que les navires espagnols regagnent leur royaume avec leurs cales remplies des trésors arrachés à nos villes. Je ne peux vous dire qui a délibérément rompu la trêve mais je peux vous assurer que la France ne souhaitait pas se faire de nouveau marcher sur les pieds. Nous avons donc tout de suite montré les crocs dès que les hostilités ont reprises. 

Nous voulions faire un symbole pour que nos adversaires comprennent bien notre volonté de suprématie dans les caraïbes. Gibara était tout désigné pour ce symbole, proche des zones pirates, allégeance à l'Espagne, près de nos ports économiques, ce port allait servir notre cause. La première phase d'attaque fut une partie de plaisir, aucune opposition. Nous en étions même à se demander si les Espagnols n'avaient pas totalement quitté les caraïbes. Il y a peu le simple fait de rôder autour d'un de leur port était une déclaration de guerre et une armada venait nous en chasser. Malgré notre surprise devant le peu de résistance nous restions sur nos gardes. Au fond des caraïbes le tonnerre grondait et plusieurs batailles faisaient déjà rage. Il aura tout de même fallu attendre l'approche de la ville avec notre armada pour apercevoir la défense espagnole.

Nous faisions jeu égal et nos stratégies étaient similaires. Un groupe de chasse en tête suivi d'une seule et même ligne de navire s'étirant sur une longueur impressionnante. Autant vous dire que les ordres étaient transmis assez difficilement et qu'en cas de problème les manoeuvres prendraient un temps considérable. Ce qui arriva et nous avons failli tous couler et ainsi nous ridiculiser devant Gibara avec notre arrogance légendaire. Mon bâtiment était dans le dernier groupe, au fond de la ligne. Je voguais avec quatre camarades de la société et deux autres capitaines afin de terminer notre formation. Les deux lignes se croisèrent à sens opposé et très rapidement le groupe de chasse ennemi qui était en tête lofa pour venir sur nos poupes. Je tentais, en vain, d'avertir la tête de ligne de la manoeuvre adverse. Nous étions très exposé et bientôt le restant de la ligne adverse allait nous séparer de notre ligne. Fort heureusement notre groupe de chasse qui était aux aguets vint à notre rescousse pour nous sauver. Un peu tard car le navire qui terminait la ligne venait déjà de sombrer. Nous risquions de nous faire grignoter un à un mais le groupe de chasse s'opposa et minimisa nos pertes. Pour autant nous n'étions pas encore tiré d'affaire, notre tête de ligne s'amusait à former une double ligne tandis que la flotte adverse poursuivait son objectif en tentant de nous isoler. Je fis tourner le groupe et j'ordonnais à la flotte de virer de bord afin de revenir dans le combat. Par je ne sais quel miracle celle ci fit demi tour et vint percuter la flotte adverse sur son nez. De notre côté après quelques virements de bords nous étions sauvés et désormais nous pouvions riposter et démontrer notre supériorité. La flotte espagnole au prises avec notre ligne fit contourner son arrière de ligne sur bâbord de façon à rejoindre leur groupe de chasse et tenter de former un semblant de ligne. Mais impossible pour eux de se réorganiser devant la pression de nos tirs. Nos pertes du début furent très vite compensés et le vent semblait tourner en notre faveur. Pendant que nous faisions du bord à bord avec le restant d'espagnol leur tête de ligne et la nôtre s’entre-tuaient en combat d'abordage. 


Une fois la ligne adverse défaite nous retournâmes auprès des navires en abordage. Dans cette mêlée générale impossible de dire qui avait l'avantage mais de nombreux navires espagnols tentèrent de prendre la fuite quand ils découvrirent que nous avions terrassé le reste de la flotte. La suite n'est pas très joyeuse pour nos redoutables concurrents. La chasse tourna au massacre et un à un nous coulions leurs navires. Certains réussirent à prendre la fuite mais cette victoire avait fait passer le message. Nous serons sans pitié et nous allons laver notre honneur bafoué ces derniers temps. Mais à ce petit jeu on n'oublie souvent les Anglais, après notre victoire et la capture de Gibara nos vieux ennemis en ont profité pour s'attaquer à notre port principale de façon peu loyale. Ils ne perdent rien pour attendre..

 

 

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